Tuesday, May 11, 2004

De meilleurs T-shirts pour Kerry :

Les enfers boudhistes :

Références de Tkill Bill : http://www.tarantino.info/movie/killbill/articles/references-guide.htm

Who's that eating Jeremy ? http://www.whoisthateatingjeremy.com/
http://www.whoisthateatingjeremy.com/

http://worldwideflush.itgo.com/

Twiloght zone : http://leapinbass.com/zone/tz/index2.html

Capture orisinal : http://www.ferryhalim.com/orisinal/g3/floats.htm

Plein de downtempo : http://www.thetastates.com/#chinchillin

Saddam's interrogation log : http://mcsweeneys.net/2004/4/20sack.html

Cocktails 70s : http://www.thebluehammer.com/bookcovers/mixology.html

Ballon : http://www.geocities.com/clownstaples/swf/ballonstring.html

Friday, December 05, 2003

Une nouvelle espèce d’opposants : les antiantipirates.
par Jean-Paul Rousset


Leur but n’est pas de promouvoir le piratage d’œuvres musicales sur Internet. D’ailleurs, ils ne piratent pas forcément eux-mêmes, comme le font des dizaines de milliers d’utilisateurs en utilisant des outils comme Kazaa , l’un des plus populaires. Mais avec eux, la révolte gronde.
« Ils », ce sont les créateurs américains des 184 sites liés dans la coalition « Stop RIAA law suits » . Elle vise le très puissant syndicat américain des éditeurs de musique, la Recording Industry Association of America. Celle-ci a lancé depuis l’automne une contre-attaque assez violente puisque près de 300 foyers ont été attaqués en justice pour piratage. Conséquence : des frais de justice inabordables pour la plupart de ces familles dont les jeunes enfants sont les « délinquants » visés, et des amendes encourues qui devraient aller de 3000 à 10000 $.
Furieux et choqués à la suite de ces actions, des éditeurs indépendants, des artistes, des studios, mais aussi des particuliers proposent une solution radicales aux poursuites : le boycott des disques produits par la RIAA. « Stop RIAA law suits » résume son mode d’action en 5 points : ne pas acheter de disque d’une des cinq « majors », signaler tout disque de ce type à ses proches, soutenir les familles poursuivies, et soutenir les musiciens et maisons de disques indépendants. Le site met à disposition une affichette destinée à être placardée dans les magasins, et en particulier dans les grandes surfaces comme Wal-Mart. On peut vérifier la provenance du disque sur RIAA Radar .

Des fous furieux ont même lancé des opérations d’étiquetage sauvage des CD : avis aux militants, sur Downhillbattle, on recrute des commandos.
Dans cette guerre, la musique n’aura en tout cas pas joué son rôle traditionnel : adoucir les mœurs...

Lucie Prusak
Sidonie Watrigant
Groupe D

Ces artistes qui parient sur le web...

Il existe des contes de fées qui commencent sur le web. Cendrillon des temps modernes, Lorie s'est propulsée en tête des lolitas françaises en quelques clics.
D'autres ont tenté leur chance, avec moins de succès. Internet, tremplin ou savonnette ?




Le marché de la chanson implose. Pour un jeune artiste, les chances de convaincre un producteur ou de séduire le public sont faibles. Difficile de percer sans les 22 caméras de la Star Ac' ou les micros des radios nationales. Mais, c'est sans compter sur les nouvelles ressources qu'offre internet aux talents de demain.
La recette du succès est simple : un titre mis à disposition gratuitement sur le web. Plusieurs sites sont passés maîtres en la matière. Le premier de tous, leader sur le marché européen de la diffusion de musique sur le web, a permis à Lorie de conquérir des milliers de fans. Sa chanson, "je serai", a été téléchargée plus de 15000 fois par de jeunes internautes. Devant ce succès, le label Epic lui a offert un contrat en or. Une success story qui a eu un large retentissement dans les médias.
L'idée a fait des émules. Les majors ont compris l'impact d'internet et décidé d'utiliser le web comme outil de "marketing viral". Newsletters, contenus additionnels sur les disques, forums : le web est un formidable outil de promotion pour les artistes en herbe.
Nombreux sont les musiciens qui tentent aujourd'hui l'aventure. Loin des vedettes qui protestent contre le piratage sur internet, ils proposent l'intégralité de leurs titres gratuitement, dans l'espoir de connaître un jour la gloire. Mais le succès n'est pas toujours au rendez-vous. Car, au bout du compte, c'est toujours le public qui choisit.

Fausse réclame pour vrai battage publicitaire?
Elise Menand


Une fille agenouillée, mini-jupe et puma aux pieds : sur sa jambe, du sperme. Une photo choquante qui a fait coulé bien de l’encre (virtuelle). Fausse réclame ou vraie pub, l’image, en tout cas, fait parler d’elle. Car elle s’inscrit dans la vague de porno-chic qui envahit peu à peu le cinéma et la publicité. Tel le portrait de cette femme barbouillée d’un liquide blanc pour une marque de crème fraîche. Ou cette marque de vodka qui met en scène une fellation au clair de lune.
C’est Felix Salmon qui, l’un des premiers, a envoyé la photo sur le webog MemeFirst avec le commentaire : « Je ne suis pas sûr à 100% que cette pub soit vraie, mais cela ne me surprendrait pas. Le sexe fait vendre, alors pourquoi pas ? ». Le site Gawker, quant à lui, nous apprend que la photo aurait été diffusée dans un magazine brésilien. Les spéculations vont bon train : il se pourrait que Puma ait monté ce gros coup de pub sur Internet.
Info ou Intox ? Pour sa part, Puma nie toute responsabilité. Le fabricant de chaussures et de vêtements a envoyé un courrier à plusieurs sites leur demandant de retirer la photo. Qu’il soit à l’origine ou non de sa diffusion, Puma a clairement bénéficié du battage virtuel autour de l’image. Un bon exemple de marketing viral ou comment la rumeur s’amplifie par bouche à oreille sur Internet.

Marie-Hélène Towhill
Cyril Petit

La pochette kitsch adoube le bide

On n’a pas oublié leurs plus grands succès (sic). Mais on a parfois du mal à se souvenir de leurs belles têtes de vainqueur. Désormais grâce au web, il est possible de visualiser ce à quoi François Corbier fait référence quand il chante : « sans ma barbe, quelle barbe, je suis comme un chien sans puce ». Il y a quelques années en effet, la plupart des pochettes de 45 et 33 tours mettaient en avant les chanteurs. Aujourd’hui, même si on ne s’en plaint pas dans le cas de certains, les pochettes sont avant tout esthétiques. Auparavant, elles étaient... informatives. Ainsi lorsque les Musclés chantent en 1988 La Fête au village, la pochette évoque ces bons vieux bals musettes à grand coup d’accordéons et de banderole bleu-blanc–rouge. Pour ceux qui auraient oublié de quelle couleur étaient les Schtroumpfs, les pochettes des albums de la sémillante Dorothée, chanteuse officielle des petits bonshommes, le rappelle. L'info, toujours l'info.
Internet fait aujourd’hui la joie de milliers de nostalgiques du kitsch. Les sites dédiées à ces pseudo-chanteurs mais néanmoins icônes des années 1980 fleurissent sur la toile. Ils n'ont peut-être même jamais été aussi célèbres. Leurs bides sont devenus des grands classiques.

Graine de star
(Y. Relat & B. Roure)

Fourbu. Terrassé par une douloureuse semaine passée à plumer le bon poulet du Gers que d'infames parisiens se baffreront goulument pendant les fetes, tu te laisses bruyamment choir sur le canapé du salon. On est samedi. Dans quelques minutes, tu vas pouvoir répondre à la question qui te hante depuis 4 jours : Michal va-t-il enfin dégager de la Star Academy ?
Malgré toi, tu repenses à l'époque bénie où tu voulais devenir une star du petit écran, et où ton insuccès croissant avec la gent féminine t'en a dissuadé. Tu te remémores ces innombrables cratères purulents contre lesquels tu luttais, tant bien que mal, avec les gélules bio que te forçait à avaler ta mère. Tout ça, c'est derrière toi. Aujourd'hui, tu es décide a prendre ta revanche sur la vie.
Tes influences musicales, tu ne les cache pas. Comme ton ami Wilfried, tu as vibré au son de Balavoine, et tu gardes, à l'instar de beaucoup de tes amis, une indéfectible admiration pour Corbier...
Internet peut te mettre le pied à l'étrier. Cette fois, c'est ton heure. Tu le sens. Tu peux devenir une star du net, avoir ta photo sur tout un tas de pages web, comme ta soeur, que tes parents refusent pourtant de voir depuis qu'on commence a la reconnaitre dans la rue.
Plusieurs mois que tu te documentes. Que patiemment, tu glanes les petits conseils que tu trouves via google et ta connexion bas-débit, pour devenir "la" nouvelle star. Tu t'es meme procuré l'ouvrage référence de J.C. Marion, "Apprendre à chanter", et tu fréquentes assidument le site d'Armande Altai.
Tu hésites encore un peu sur ton futur répertoire : star du rock rangée ? ou neo-metal hirsute ? Une question existentielle sur laquelle il te faudra trancher, très bientot. En attendant, tu ne laisses pas filer ta chance. Tu as imprimé consciencieusement les conseils de pros pour réussir l'eurovision. Tes parents s'inquietent. Ils ont peur des traumatismes psychologiques irréversibles que pourrait engendrer cette nouvelle lubie. Et en plus tes vocalises les exaspèrent depuis des mois. Faut faire gaffe, quand on mue. Alors, comme rien ni personne ne fera obstacle à ta vocation, et qu'ils sont rares, ceux qui partagent ton gout immodéré pour les belles choses, tu passes une annonce sur le site de Joann Sfar, auteur prolifique de bande-dessinées, joueur de ukulele à ses heures, qui a pensé a toi. Résiste, prouve que tu existes.

Elisabeth SANCEY

MAJORS : NON, CHEF!

La contestation s'organise aux Etats-Unis contre les majors du sique et leur hyper-réactivité : des centaines d'internautes sont menacés de poursuites.

En France, pour l'instant tout est calme : vous ne risquez pas (encore) d'avoir la justice à dos si vous téléchargez gratuitement de la musique sur le web -système mp3. Mais aux Etats-Unis, la colère gronde chez les internautes, car les procès pleuvent contre eux. Rien qu'en septembre, 261 poursuites ont été engagées par les "majors" du disque -regroupés dans la RIAA, Record Industry Association of America. Et régulièrement, ces mastodontes envoient des lettres aux internautes "déloyaux" : c'est la bourse -quelques centaines de dollars- ou la poursuite judiciaire. Résultat, des familles se trouvent acculées à des dépenses considérables. Une situation qui a soulevé une vague de contestation : les mécontents tissent leur Toile. Des amateurs de musique -et acheteurs de disques...- se liguent et publient un mode d'emploi pour une campagne contre les poursuites . Des victimes des actions judiciaires témoignent et organisent des boycotts .
Mais ces internautes remontés sont aussi de vrais activistes : ils combattent "la bête" sur le terrain. Armés d'autocollants dénonciateurs, ils prennent discrètement d'assaut les grandes boutiques de disques, et étiquettent les produits signés des majors
. Ces autocollants sont en vente surl web, ainsi que des produits type T-shirts, tasses, ... Dans un style plus sérieux, les citoyens américains peuvent aussi envoyer des lettres aux députés et sénateurs pour qu'ils protègent les droits des internautes.

Internet: la nouvelle bête noire de la MPAA
par Rusmir Smajilhodzic et Audrey Racine

Il y a presque dix ans, Jack Valenti, président de la MPAA (Motion Picture Association of America) s’élevait contre le magnetoscope qui selon lui allait ruiner l’économie du cinéma. Aujourd’hui, évolution technologique oblige, son nouveau cheval de bataille est le téléchargement de films sur Internet qui serait responsable d'une perte annuelle de 3 milliards de dollars pour l'industrie du film américain. Le 30 septembre 2003, il dénonçait devant le Congrès américain les dangers de cette nouvelle pratique.
Alors que l’on se cesse de parler du piratage de musiques sur Internet, celle-ci ne représenterait que 13,9% des fichiers téléchargés illégalement contre 46% pour les films selon
Digital Intelligence Centre, société québecoise spécialisée dans la surveillance des réseaux Peer-to-Peer (comprenez téléchargement d’ordinateur à ordinateur).
Dans le téléchargement de films sur Internet, le problème qui se pose est celui des contours de la légalité. Comme dans tous les domaines de la délinquance numérique, ce n’est pas l’outil qui est en cause mais l’utilisation qui en est faite. Il est donc possible de télécharger en toute légalité le logiciel permettant de visionner des images via le net. Ce qui l'est moins c'est de se procurer des copies d'oeuvres audiovisuelles. Mais la facilité avec laquelle cela est possible aujourd'hui donne rarement aux pirates le sentiment d'avoir commis un délit.
Le 17 mai dernier, le ministre français de la culture, Jean-Jacques Aillagon et Jack Valenti ont lancé un appel à lutter contre le vol numérique d’oeuvre audiovisuelles. Une rencontre sera organisée en 2004 au festival de Cannes pour évaluer les progrès accomplis.
Mais il est difficile de lutter contre les utilisateurs des nouveaux logiciels de partage (type kazaa ou winmx). L'Adami (la société civile pour l'administration des droits des artistes et musiciens interprètes) a donc proposé une autre solution. Le 30 novembre, lors des 4èmes Rencontres européennes des artistes à Cabourg, elle a proposé que les fournisseurs d'accès Internet payent une "licence légale" pour "compenser les conséquences du téléchargement" de musique et de films sur Internet.

Guilaume REGOURD
Certains films restent irrémédiablement associés à leur bande son. Comment oublier par exemple la Chevauchée des Walkyries dans Apocalypse now. La carrière des oeuvres de Wagner avait connu à la sortie du film de de Francis Ford Coppola un net regain. Mais il s'agissait encore à cette époque d'une exception. Les bandes originales de film ont trouvé depuis une large place dans les rayons des disquaires. Les studios de cinéma n'ont en effet pas mis longtemps à comprendre comment ils pouvaient prolonger le succès de leurs productions des salles obscures jusqu’aux platines CD. Mais plus qu'une nouvelle victoire du marketing, le phénomène a aussi marqué le renforcement des liens très forts qui existent entre cinéma et musique.
En tête des noms qui viennent à l'esprit quand on évoque le sujet figure inévitablement Quentin Tarantino, le réalisateur de Pulp Fiction et de Kill Bill, actuellement en salles. Les BO de tous ses films sans exception ont été d'énormes succès d'édition. A tel point qu'il est difficile de savoir du film ou du disque, lequel tire l'autre vers l'avant. Tarantino lui-même confesse qu'il ne passe à l'écriture des scènes qu'une fois qu'il a en tête les morceaux de musique dont il les habillera. Les profits engendrés par les disques ne peuvent en tout cas que séduire Miramax, producteur de ses films. Mais les grands studios ne sont pas les seuls à s'intéresser à ce marché et pas forcément pour des raisons de gros sous. En France, MK2, investit aussi dans la BO. La société de Marin Karmitz a ainsi proposé à des artistes comme DJ Vadim de composer des BO, mais d'un genre particulier : des musiques originales pour des films imaginaires.
La bande originale exerce il est vrai une véritable fascination auprès des musiciens. Nombreux sont ceux qui s'y sont frottés, parfois avec un énorme succès à la clé. Mais il en est aussi qui poussent plus avant leur exploration de l'un ivers cinématographique dans leurs oeuvres. Jay Jay Johanson, auteur-compositeur suédois, ne cache pas dans ses interviews, qu'il est un adepte du sample de sons, dialogues ou bruitages, directement empruntés à des films. Un procédé qui fait des émules, et pas seulement chez les artistes reconnus. Les musiciens amateurs sont eux aussi nombreux à travailler sur ce matériau sans équivalent. Sur Internet, les outils se sont développés et permettent aujourd'hui au premier venu d'insérer dans ses créations sa réplique culte favorite. Comme Quentin tarantino en somme, qui se plaît à truffer les BO de ses films d'extraits de ses dialogues.

Doubles de stars Gaëlle Rolin

Aujourd’hui, tout est bon pour devenir célèbre. Alors que certains travaillent d’arrache-pied leurs voix et leurs façons de danser dans un château hanté de caméras, d’autres ne jouent que sur leur physique.
Ce sont ceux qui ont reçu, à la naissance, la visite d’une bonne fée qui s’est penché sur leur berceau et leur a dit « Tu ressembleras à Richard Gere, mon fils. »
Ils travaillent aujourd’hui une ressemblance qui n’était pas forcément flagrante au début mais qui est devenue, grâce au narcissisme de certains, leur principale source de revenus.

En effet, si vous voulez en mettre plein les yeux à vos amis et arriver aux trente ans de Muriel en compagnie de Julia Roberts, Whoopi Golberg, Ronaldo, Michel Sardou ou Myléne Farmer ( gardes du corps compris), cliquer ici.
Sachez tout de même que la ressemblance est un bien qui se monnaye. Pour une vraie-fausse prestation de Michel Sardou, comptez 1590 euros... Toujours intéressés?

En revanche, si vous prévoyez prochainement de devenir une star et que le thème du double vous terrorrise, prenez les devants et neutralisez d'ores et déjà votre sosie avant qu 'il ne vous nuise.

Les sosies des stars ont également eu dernièrement une heureuse fortune au cinéma.
Il y a quelques semaines, le jeune réalisateur Samuel Benchettritt transformait François Cluzet et Marie Trintignant en vrais-faux John Lennon et Janis Joplin pour un fan en mal de l'esprit Seventies. Contribuer à faire vivre un mythe, à satsfaire des fans orphelins, n'est-ce pas le même moteur qui motive aujourd'hui les sosies de Claude François et Elvis Presley?

LA CONFIDENTIAL
, Elvis et Marylin... Les exemples où le thème du sosie ont inspiré les réalisateurs sont nombreux.

A quand un film avec l'un des sosies de Saddam Hussein en guest star ?

Le 20 novembre, MC Solaar sortait, avec sa maison de disques Warner Music, une version gratuite de son cinquième album « Mach 6 » avec des extraits de cinq titres et une chanson complète. Quinze jours avant la sortie officielle en magasin, 300 000 exemplaires du CD Rom étaient distribués dans quelques grandes villes de France. Particularité de ce CD : il n’est écoutable que quatorze fois et s’autodétruit dans tous les cas le 30 novembre à minuit. Le rappeur français a trouvé là une formule originale de promotion, tout en se protégeant du piratage. La protection n’a pourtant pas empêché le piratage de la version intégrale de l’album ni sa diffusion sur Internet depuis le 30 octobre 2003, c'est-à-dire un mois avant sa sortie officielle. Cette version pirate a suivi le chemin habituel de diffusion illégale, d'abord sur des forums privés, puis sur les réseaux P2P. Ironie du sort, dans une version spéciale du single « La vie est belle », MC Solaar évoquait les difficultés des auteurs face à ces pratiques. "Je bosse dur, pas le temps de faire les courses. Mes CD? J'les ai piratés of course. Sur Blubster, Morpheus, Kazaa, eDonkey, Napster ou Gnutella. Appelle-moi hacker, hijacker ou pirateur, downloadeur, Ali Baba le roi des voleurs. Je prends le son, et puis la parole de tous les orateurs. Pire que le Peer-to-Peer de l'ex-Napster. Ils ont ramé, galéré, joué dans des bars. Quand leur CD est sorti, je l'ai piraté un soir. A ses concerts, tout le public chante, mais selon les sondages elle a fait 400 ventes. Elle s'en vante mais, on peut pas payer le loyer. Pirates par milliers, les factures nous ont noyés".
Aujourd’hui, les majors – les cinq grandes compagnies de production musicale, réunies au sein de la Recording Industry Association of America – cherchent les moyens de faire face à cette pratique qui leur a coûté 13,5 % de chiffre d’affaires depuis janvier. Certains artistes demandent plus de protection, comme Metallica, Bruce Springsteen… Il y a un véritable flou juridique sur la question et en France, un projet de loi est en cours pour limiter ou empêcher la duplication des enregistrements numériques. Objectif : protéger les droits d’auteurs, mais aussi assurer des recettes suffisantes aux sociétés pour financer la création. En attendant la loi, les majors ont pris les devants. Elles se lancent dans l’innovation technologique en installant un système de verrouillage. Du côté des consommateurs, on proteste contre cette mesure. « Pénaliser ainsi le consommateur qui paye son produit et désire en effectuer une copie à usage privé sur un support dont le prix intègre une redevance pour droits d'auteur, c'est se tromper de cible » estime UFC-Que choisir qui publie une liste d’albums verrouillés. Des artistes se sont également prononcés en faveur de liberté de télécharger, comme Offspring, Limp Bizkit et Public Enemy.
Les labels indépendants parviennent, eux, à apprivoiser le système. Ainsi, le portail musical Playlouder a signé des contrats avec cinq labels indépendants, autorisant les internautes à télécharger en toute légalité en échange d’un abonnement. "L'avantage de ce système, c'est qu'il ne s'apparente pas à un choc culturel pour les internautes habitués aux logiciels P2P, mais comme une alternative légale" explique Laurent Rossi du label Beggars.

Lucie Prusak
Sidonie Watrigant
Groupe D


Ces artistes qui parient sur le web…

Il existe des contes de fées qui commencent sur le web. Cendrillon des temps modernes, Lorie s’est propulsée en tête des lolitas françaises en quelques clics.
D’autres ont tenté leur chance, avec moins de succès. Internet, tremplin ou savonnette ?




Le marché de la chanson implose. Pour un jeune artiste, les chances de convaincre un producteur ou de séduire le public sont faibles. Difficile de percer sans les 22 caméras de la star Ac ou les micros des radios nationales. Mais, c’est sans compter sur les nouvelles ressources qu’offre internet aux talents de demain.
La recette du succès est simple : un titre mis à disposition gratuitement sur le web. Plusieurs sites sont passés maîtres en la matière. Le premier de tous, leader sur le marché européen de la diffusion de musique sur le web, a permis à Lorie de conquérir des milliers de fans. Sa chanson, "je serai", a été téléchargée plus de 15000 fois par de jeunes internautes. Devant ce succès, le label Epic (Sony music) lui a offert un contrat en or. Une success story qui a eu un large retentissement dans les médias.
L'idée a rapidement fait des émules. Le groupe de rock Muse, par exemple, s'est fait connaître en publiant sur la toile son premier single. Avec le succès que l'on connaît.
Les majors ont vite compris l'impact d'internet et décidé d'utiliser le web comme outil de "marketing viral". Newsletters, contenus additionnels sur les disques, forums : le web est un formidable outil de promotion pour les artistes en herbe.
Nombreux sont les musiciens qui tentent aujourd'hui l'aventure. Loin des vedettes qui protestent contre le piratage sur internet, ils proposent l'intégralité de leurs titres gratuitement, dans l'espoir de connaître un jour la gloire. Mais le succès n'est pas toujours au rendez-vous. Car, au bout du compte, c'est toujours le public qui choisit.

On n’a pas oublié leurs plus grands succès (sic). Mais on a parfois du mal à se souvenir de leurs belles têtes de vainqueur. Désormais grâce au web, il est possible de visualiser ce à quoi François Corbier fait référence quand il chante : « sans ma barbe, quelle barbe , je suis comme un chien sans puce ». Il y a quelques années en effet, la plupart des pochettes de 45 et 33 tours mettaient en avant les chanteurs. Aujourd’hui, même si on ne s’en plaint pas dans le cas de certains, celles-ci sont avant tout esthétiques. Auparavant, elles étaient... informatives. Ainsi lorsque les Musclés chantent en 1988 La Fête au village, la pochette évoque ces bons vieux bals musettes à grand coup d’accordéons et de banderole bleu-blanc–rouge . Pour ceux qui auraient oublié de quelle couleur étaient les Schtroumpfs, les pochettes des albums de la sémillante Dorothée, chanteuse officielle des petits bonshommes, le rappelle.
Internet fait aujourd’hui la joie de quelques nostalgiques du kitsch. Les sites dédiées à ces pseudo-chanteurs mais néanmoins icônes des années 1980 fleurissent sur la toile.

Le web �gratigne les griffes.
Mathieu Magnaudeix
La vraie couleur de Benetton ? Le vert, couleur du dollar, si l�on en croit certains internautes casseurs de pub. Les grandes marques internationales du pr�t-�-porter doivent s�y r�signer : sur le web, leurs pubs sont parmi les plus d�tourn�es. Logique : pour ceux qui r�vent d'un monde sans pub, la mode, c�est � la fois l�incarnation de l�hyst�rie mondiale de consommation... et un secteur �conomique dont la curieuse particularit� est de survendre dans les pays du Nord des produits fabriqu�s � pas cher, production au Bangladesh ou en Chine obligent... Alors, les internautes d�tournent tout, et sans se g�ner.
Souvent, c�est gentil. Mais pour Gap, �a peut faire mal. Tout comme Nike, dont le c�l�bre aileron alimente largement les graphistes de la toile, Gap est devenu un des symboles de la mondialisation � l'am�ricaine. Pour le meilleur et pour le plus douteux.
La pub de mode, c'est d'ailleurs un vrai lieu commun du web: on en parle partout, par exemple dans les sites d'�ducation aux m�dias, qui invitent � la d�cortiquer d'une souris critique. Ce que l'on peut aussi faire en cours d'anglais: on le sait bien depuis le lyc�e, pas de meilleur outil de dicussion collective qu'une bonne vieille pub Benetton. Isnt'it?

Ce que veulent les hommes

Pamela Messi

"Bol�ro nous aide � lutter contre les courants d�air". C'est marqu� dans la pub en tout cas. Sympa de leur part, car en p�riode hivernale, on n�est jamais trop � l�abri. En m�me temps, pas s�r qu�un soutien gorge, aussi rembourr� soit-il, prot�ge nos d�licats poumons du froid.
Et zut, j�ai failli tomber dans le panneau. Une fois de plus. Ils n�en ont rien � faire de nos �tats grippaux les publicitaires. Tout ce qu�ils veulent, c�est trouver un pr�texte pour nous d�shabiller, les salauds !
Disons qu�on laisse � Bol�ro le b�n�fice du doute. Mais Sloggi, vous les avez vu les pubs Sloggi ? Deux nanas de dos et en string (d�o� l�int�r�t de les voir de dos) qui s�appr�tent � boxer un type plut�t muscl�. Comment est-ce qu�on doit comprendre �a, nous les femmes ? Comme des conseils peut-�tre ? Pour d�sarmer un homme, d�shabillez vous� Et si possible, allez-y � deux�
Est-ce-que c�est vraiment flatteur tout �a ? Parce que j�ai bien envie de les croire nos hommes qui nous assure que ces phtotos, c�est juste pour l�esth�tisme. Mais avec tout ce qu�on entend aujourd�hui sur la publicit�, je ne sais vraiment plus qui croire. C�est qu�il y a des articles tr�s s�rieux sur le sujet. Et puis des comit�s de lutte contre le � publisexisme �, des p�titions, des manif� Et m�me des contre-pubs o� les jolies mannequins sloggi sont remplac�es par des jeunes femmes un peu moins s�duisantes.

Pour toutes les ind�cises comme moi, voici la solution.
D�abord, procurez vous un mode d'emploi de la publicit�, pour comprendre le sens cach� des images etc.
Ensuite t�l�chargez un autocollant f�ministe pour vous donner bonne conscience.
Enfin, d�tes vous que l��galit� des sexes, �a existe. La preuve, il y a aussi des pubs sloggi qui font plaisir aux femmes.

Anti-pub : Le dynamisme d’un mouvement
Cristèle magnout
1ère année
Esj-lille
la publicité est partout, elle envahit les espaces publics, les rues, les métros, la télévision
les média audibles et visibles. les vêtements n’y échappent pas. Elle s’adresse à toutes les catégories sociales de tous les domaines de la vie proffesionnelle et aucun âge n’est exclu.Son objectif principal est de faire connaître, de contribuer à la vente des produits et des images. seulement, elle prolifère et son expension irrite quelques fois. Ils se regroupent, s’organisent et défendent leur rétissence face à ce phénomène social. Ils se sont les antipubs. En france ils luttent contre la dégradation généralisée de la protection sociale que l'image publicitaire cause, ainsi que des principes qui fondent une société d’égalité, des droits sociaux . principes qui font obstacles au commerce selon l'organisation mondiale du commerce. a Paris spécialement, les militants de la cause anti pub parmi lesquels on retrouve des enseignants, des étudiants, des architectes, des fonctionnaires, des chômeurs et autreson lancé une grande offensiveanti-pub le 07 novembe 2003. L'objectif était de recouvrir systématiquement les panneaux publicitaires des campagnes et des villes sans endommager l'environnement. A Rouen également de nombreux panneaux publicitaires ont été taggés. L'Europe est dans la danse et il s'est organisé un vaste mouvement de ralliement pour la cause antipublicitaire dans le continent. continent: Un grand vent de solidarité: Un véritable portail pour un mouvement antipub. Ou plutôt une convergence antipub.

Le publisexisme sur la sellette

Beaucoup de critères aujourd'hui amènent des associations ou particuliers à se mobiliser contre la publicité. Crétinerie, violence, sexisme, tous les travers sont régulièrement dénoncés par les "antipubs", vaste terme regroupant des organisations diverses.
Les associations féministes se sont fort logiquement mobilisées ces deux dernières années pour contrer la mysoginie et le rôle de "femme-objet" véhiculés par nombre de publicités, tout particulièrement sur des affiches. Récemment, une publicité pour les sous-vêtements Sloggi a provoqué un nouveau tollé, qui s'inscrit dans un ras-le-bol général traduit par des graffitis, au hasard du métro parisien par exemple.
Selon un sondage réalisé par l’institut Ipsos (auprès de 1015 personnes d’ un échantillon national représentatif) et publié par Culturepubmag (Mai-Juin 2001), 46% des gens (tous sexes et âges confondus) trouvent qu’il y a aujourd’hui une tendance machiste dans la publicité, 47% ne trouvent pas qu’il y ait une tendance machiste, et 7% ne savent pas.
les associations féministes exercent une résistance farouche à cette dérive de la publicité, comme vous pouvez le voir sur les sites moveandbe et marievictoirelouis .
Face à cette démonstration de force, les hommes se rebiffent . Certains n'ont pas honte de clamer qu'ils apprécient grandement ces pubs agréables à regarder. D'autres critiquent tout simplement les filles qui se plaignent.
Nénamoins les arguments développés par la plupart des tenants du féminisme se recoupent et ont le mérite de proposer un nouveau débat sur la représentativité de la femme en société et surtout aux yeux du grand public. Les propos de Florence Montreyneaud, interviewée sur antipub.net par Bruno Japy (auteur de Qui veut la peau de la pub ?), sont régulièrement repris par ces associations.
Affaire(s) à suivre...

Camille Leroux et Matteu Maestracci

Julie LERAT

Aux armes, publiphobes !

Avant, on pouvait tourner la tête. Zapper. Vider la boîte aux lettres sans trop y regarder. C’était du temps où les pubs ne « popaient » pas sur vos écrans, l’époque glorieuse de l’ère « pré-spams ».
Mais déjà, les « consommateurs passifs» s’étaient rassemblés, insurgés, organisés . On a lutté contre les affiches dans le métro, contre la pieuvre télévision. Et aujourd’hui encore on continue, on fait du bruit, ambiance commando pour griffonnage d’affiches : tous ensemble contre la publicité !
Tous ? Avec quand même les hommes d’un côté les femmes de l’autre, les anti-pub-tabac par-ci, les anti-pub-alcool par-là, les anti-pub-flingue au fond. Non, on est pas tous ensemble derrière les barricades, main dans la main, contre la machine publicitaire.
Mais au moins on en discute. On cherche comment lutter contre les publicités intrusives, on signe des web-pétitions. Et puis, finalement, on en rie. La pub, on la détourne.
Difficile, de toute façon, d’y échapper. Alors le truc, en ce moment, c’est d’apprendre à vivre avec. Et d’apprendre à ne pas trop se laisser attraper. Surtout les petits. Du coup, il faut leur expliquer comment prendre du recul, aux enfants. Et pour cela, exercer parents et profs à expliquer, à déchiffrer la publicité. Pas con. Pas forcément efficace non plus…

Tendance lutte

Hugo Lindenberg

La société de consommation est ton ennemie et tu es contre toute forme de domination? Alors tu aimerais bien entrer en lutte. Mais la LCR, papa y était déjà inscrit et de toute façon, tu ne crois plus aux partis politiques. Altermondialiste ça a l'air cool mais t'as pas bien saisi le sens.
Enfant de la télé, ne perds pas courage. Ton nouvel ennemi est là, facile à trouver, amusant à combattre : C'est la pub.
Si tu suis l'actu, tu sais que le dernier truc tendance c'est d'être en procès avec Metrobus et de ne plus sortir sans ton kit antipub. Scotch de déménagement, marqueur blanc, l'équipement de base est accessible à tous pour crier ta haine de la pub et faire des actions ultrarigolotes et engagées.
Alors toi aussi, deviens un antipub model. Groupe de potes et bonne conscience garantie.
Mais avant de partir comme un fou pour taguer les affiches dans le metro avec tes nouveaux amis, soigne ton look et peaufine ton discours.
Exit Bourdieu, ton nouveau maître c'est Naomi Klein l'auteur de No Logo, ta nouvelle bible.
Grâce à elle tu ne diras plus "la société post moderne m'oppresse", mais "le village global est en plein proto-developpement". Ta nouvelle devise: penser global agir local!
Pour rester au courant des dernières infos, abonne toi à Adbuster, le journal engagé de ta communauté tout droit venu du Canada, la patrie des antipubs.
Comme il faut affirmer tes idéaux, deviens ta propre bannière en arborant des fringues qui collent à tes idées.
Tu seras alors pret pour la prochaine action de la brigade anti pub. Et si tu habites en province, pas de panique, le mouvement est aussi actif en région. Avant d'aller sur leurs sites, n'oublie pas de te protéger des pubs sur ton ordinateur grace à un bloqueur de pub.
Pour les gueules de bois du dimanche, après une bonne nuit d'action à la station Charonne, passe ton dimanche à renvoyer les pubs que tu as recus pendant la semaine. L'engagement, c'est un truc du quotidien.
Dernier conseil, pour faire sensation à Noel, pointe toi sans cadeau , c'est économique et ca rend le monde meilleur.

Sarah Nafti

Quel média est moins adapté à contrer la pub qu’internet ? Chaque ouverture de page est l’occasion d’apparition d’une réclame. On vous vend tout et n’importe quoi, avec une préférence marquée pour les sites de cul.
Mais tous les chasseurs de pub utilisent le système web. Façon de toucher le plus de monde possible ? Pas sûr. N’oublions pas que la fameuse toile est finalement peu démocratique : 80% de la population mondiale n’y a pas accès.Plutôt donc une façon de toucher un public réceptif à ce genre de sujets : les habitants des pays riches qui n’ont d’autres soucis que d’aller tagger les murs du métro. Sans compter que parmi les utilisateurs du web, peu sont réellement dérangés par la pub
Pour les réacs comme moi, cette levée de bouclier anti-pub est plutôt une préoccupation de bobos bien installés en recherche de grandes idées révolutionnaires à peu de frais. Car il est finalement plus facile de se lever contre la pub qui donne aisément le bâton pour se faire battre que de faire de véritables actions pour changer la société.
J’endosse l’habit de l’avocat du diable alors que comme beaucoup je n’apprécie pas la pub qui peut être
sexiste,pornographique,simplificatrice, bref qui donne une image erronée de la société.

On est envahi par la pub, c’est un fait, mais est-ce une raison pour mélanger tout et n’importe quoi ? Anti pub rime avec altermondialiste, écologiste, pourquoi pas utopiste et communiste ?
Pour ne pas faire que dans le négatif, notons tout de même que cette campagne d’internautes détourne des pubs, et ça fait marrer...

Les Nuls, pionniers des mouvements anti-pub
Cécile Mathy

Les actions menées dans le métro dernièrement par l’association Résistance à l’Agression Publicitaire mettent en lumière une certaine aversion pour la publicité, mais surtout pour ce qu’elle représente : la société de consommation. De nombreux mouvements de consommateurs citoyens voient ainsi le jour et multiplient les actions anti-Noël, ou anti-Halloween . Une mobilisation qui ne se limite pas à la France mais se développe aussi dans de nombreux pays européens , sous la forme de journées sans achat.
Pourtant, la lutte contre la pub existe depuis longtemps. Elle n’a pas toujours choisi la voie sérieuse et engagée qu’on lui connaît maintenant. Les Nuls étaient à leur manière les pionniers des mouvements anti-pub, en utilisant l’humour et la dérision. Une formule qui a fait des émules outre-atlantique : les Epaisnouillis , les pendants québécois de la bande d'Alain Chabat ont développé des parodies de pub dans le même registre. Le phénomène n'est pas uniquement francophone, aux Etats-Unis la publicité est aussi objet de dérision et de critiques. D'une manière générale, les parodies de pub utilisent souvent l'humour noir, l'humour gras ou très axé sur le sexe.





Le web égratigne les griffes.
Mathieu Magnaudeix
La vraie couleur de Benetton ? Le vert, couleur du dollar, si l’on en croit certains internautes casseurs de pub. Les grandes marques internationales du prêt-à-porter doivent s’y résigner : sur le web, leurs pubs sont parmi les plus détournées. Logique : pour ceux qui rêvent d'un monde sans pub, la mode, c’est à la fois l’incarnation de l’hystérie mondiale de consommation... et un secteur économique dont la curieuse particularité est de survendre dans les pays du Nord des produits fabriqués à pas cher, production au Bangladesh ou en Chine obligent... Alors, les internautes détournent tout, et sans se gêner.
Souvent, c’est gentil. Mais pour Gap, ça peut faire mal. Tout comme Nike, dont le célèbre aileron alimente largement les graphistes de la toile, Gap est devenu un des symboles de la mondialisation à l'américaine. Pour le meilleur et pour le plus douteux.
La pub de mode, c'est d'ailleurs un vrai lieu commun du web: on en parle partout, par exemple dans les sites d'éducation aux médias, qui invitent à la décortiquer d'une souris critique. Ce que l'on peut aussi faire en cours d'anglais: on le sait bien depuis le lycée, pas de meilleur outil de dicussion collective qu'une bonne vieille pub Benetton. Isnt'it?

Chienne de pub
par Aurélia Manoli et Audrey Natalizi

String ou tablier. Pour les femmes, dans la pub, loin de ses sentiers point de salut ! La pub n'est pas sexiste, tous les publicitaires vous le diront. Forcément, ce n'est que du second degré et tant pis pour les pauvres Babettes qui souffrent depuis des années !
Les clichés ont la vie dure : les femmes ne sauraient avoir d'autres arguments que physiques, la blonde est par essence stupide ... Rien de bien valorisant en tout cas.
Et les hommes dans tout ça ? Leur sort semble beaucoup plus enviable. Cowboy, pilote d'avion, homme d'affaires au volant d'une voiture de sport, l'homme de la pub a toujours le beau rôle. Certains voient même dans la pub un instrument du patriarcat, destinée à conforter l'homme dans sa position dominante et à inculquer à la femme les stéréotypes dans lesquels elle doit se cantonner.
La levée de boucliers ne se limite pas aux associations féministes. Aujourd'hui, les groupes d'action se multiplient, réclamant une loi contre les publicités sexistes. Pourtant, le bureau de vérification de la publicité dispose dans sa charte de mesures contre les publicités sexistes. Une disposition trop souvent bafouée.
Alors n'hésitez pas, vous aussi, à dénoncer les pub qui vous restent en travers de la gorge !

Quel média est moins adapté à contrer la pub qu’internet ? Chaque ouverture de page est l’occasion d’apparition d’une réclame. On vous vend tout et n’importe quoi, avec une préférence marquée pour les sites de cul.
Mais tous les chasseurs de pub utilisent le système web. Façon de toucher le plus de monde possible ? Pas sûr. N’oublions pas que la fameuse toile est finalement peu démocratique : 80% de la population mondiale n’y a pas accès. Plutôt donc une façon de toucher un public réceptif à ce genre de sujets : les habitants des pays riches qui n’ont d’autres soucis que d’aller tagger les murs du métro

Thursday, December 04, 2003

FUMEURS DE TOUS LES PAYS!
Mehdi Fikri

Pourquoi avons-nous commencé à fumer ? A peine a-t-on posé la question que l’on voit poindre la bonne vieille psychologie de zinc humide : l’influence des ainés, le besoin de reconnaissance de l’ado de base et tuti quanti. Comme si se mettre à fumer ne procédait jamais d’une envie consciente. Et si les ados se mettaient à fumer simplement pour remplir (de fumée) ce temps mort qu’est l’adolescence ? Et si l’ennui était la principale cause des cancers précoces ? A trop prendre les ados pour des cons, on oublie parfois de quantifier ceux qui se mettent à fumer seul, en piquant une clope par-ci par-là à leur parents (ah, les gauloises de maman...).Bien sur, les marchands de nicotine ont toujours joué sur l’attitude du fumeur pour fourguer leur camelote. On se souvient de la coolitude extreme d ’Umphrey Bogart dans Casablanca ou de la bimbo des pubs Chesterfield. A l’époque, fumer: ça fait classe. Il est amusant de constater que les moralisateurs anti-tabac tirent sur la meme ficelle mais en sens inverse : détournement de l’image du cow-boy Malboro, valorisation des sportifs. Aujourd’hui, fumer : c’est pas classe et ça fait du mal. Vice et versa, ne pas fumer, c’est sexy. On va meme jusqu’à faire des soutien-gorges anti-tabac. Cajolés ou menacés les fumeurs ne pourront jamais s’empoisonner sans que communicants et publicitaires de tout poils ne s’en melent. Jusqu’à leur dernier souffle.

LA CIGARETTE FAIT SON CINEMA
Sébastien Farcis

La cigarette est mauvaise pour vous, mais pas pour vos idoles. Car à mesure que les autorités publiques essaient de sortir la fumée de l’espace public, celle-ci envahit subrepticement les écrans. La lutte contre le tabac dans les lieux publics a sévèrement commencé aux Etats-Unis dans les années 80, alors que nous ne nous en préoccupions pas tellement en France à notre époque de « la Boom » plus qu’enfumée. Cela a atteint des niveaux assez fous, et il interdit de fumer dans les bars de Californie depuis 1998. Mais la compensation est arrivée par le cinéma, et surtout à Hollywood, où la place de la clope augmente de 10% chaque année depuis 1990. Des acteurs comme Sylvester Stallone ont été payés des centaines de milliers de dollars pour fumer à l'écran. Alors que nous avons l'impression actuellement d'une sensibilisation accrue du danger du tabac, il semble que la pente sanitaire est raide dans le cinéma: En 1960, on observait en moyenne 7 apparitions de cigarettes par heure dans les films classés en tête du box-office. En 2000, ce chiffre était de 10,9 occurrences par heure. Également en hausse, la représentation de marques de cigarettes américaines, fortement médiatisées, bénéficiant du soutien d'acteurs: 1% avant l'interdiction contre 11% après.
Mais les réactions commencent, doucement. D'abord par quelques fans de films dégoûtés de cette publicité en grand écran. Mais au niveau des autorités publiques, elles commencent à prendre conscience de l'enjeu du problème: l'Organisation Mondiale de la Santéa ciblé sa dernière journée sans tabac, le 31 mai dernier, sur le cinéma et la mode . Le minstère français de la Santé a emboité le pas a cette action pour confirmer que le tabac et le cinéma ne pouvaient pas faire bon ménage, et la profession s'est elle-même mobilisée en faveur de cette action.
Dans tout cela, on imagine qu'après les paquets de cigarettes, nous allons bientôt voir arriver de grosses mentions "Fumer Tue", en dessous de scènes explicitement fumeuses. Même si certaines d'entre elles risquent de perdre de leur piquant.

CIGARETTES DE STARS
Jean-Baptiste DIEBOLD

Julia Roberts dans sa cuisine. Comme toujours, elle incarne la femme idéale. Image suivante. Julia allume une cigarette. Les volutes de fumée qui s’exhalent de sa bouche sont à elles seules un moment d’érotisme soft.
Le cinéma et le tabac vivent depuis longtemps une belle histoire d’amour. « Smoke a cigarette ! » (fume une cigarette!), ordonnait un film avec John Wayne et Lauren Bacall. C’est dire. La plupart du temps, le lien est beaucoup plus pernicieux. Lorsque Julia, Leonardo, Brad et les autres s’en grillent une, c’est la salle entière qui en profite. L’image est cool et les jeunes succombent... La faute à Hollywood !
Une étude américaine, consacrée au sujet, montre que 85% des films contiennent des images liées au tabac. Plus fort: la marque de tabac est visible dans 28% des productions. Cette étude montre le lien réel entre la présence à l'écran de personnages fumeurs et la tabagie des jeunes fans des acteurs qui les incarnent.
L'OMS et l'American medical association ont donc lancé un appel. Pour eux, ce type de publicité pour le tabac dans les films doit disparaître. Une initiative éducative plus originale a, de son côté, décidé de mettre le cinéma de son côté. Comment? En faisant un film qui montre des témoignages anti-tabacs de stars du spectacle. A l'affiche, Sean Penn et bien d'autres.
Moins militant, un journal mormon a tout simplement décidé de supprimer la cigarette de la bouche de James Dean. "Cachez moi cette cigarette que je ne saurais voir". Trois siècles après le Tartuffe de Molière, rien de neuf sous le soleil...

Les mythes partent en fumée

Souvenez-vous. Les années 50, l'âge d'or du western et du film noir. La pause-cigarette de Gary Cooper et Humphrey Bogart, c'était le calme avant la tempête. Plus tard on sortirait les gâchettes, on confondrait les méchants, on emballerait la jeune héritière. En attendant la virilité a ses exigences : on ne bavasse pas, on ne se tourne pas non plus les pouces. Alors on fume.

La pub s'en est vite emparée. Le marin de Camel et le cowboy Malboro séduisent clope au bec. Dans la vraie vie aussi, soldats et gangsters posent avec une cigarette. Tout va pour le mieux au pays des hommes, des vrais, doigts jaunis et regard perdu dans les volutes de gitanes.


Sournoisement, pourtant, le mal gagne. En 1983, un premier symptôme passe relativement inaperçu : Lucky Luke abandonne le mégot pour le brin d'herbe. Mais bientôt les scientifiques s'en mêlent. Et le mythe du héros viril prend du plomb dans l'aile : les fumeurs ont 27 fois plus de chance de souffrir de troubles érectiles.

Résultat sur les écrans : la côte de la cigarette s'effrite. Elle devient la compagne des personnages les plus velléitaires. Et délaisse les films d'action, pour s'inviter dans les oeuvres contemplatives : chez Wong Kar-Wai, on fume pour passer le temps et tromper la mélancolie. Ce n'est plus mâle, c'est maladif.

Plus de tendre voyou, plus de cow-boy taciturne. Le héros des temps modernes mène une vie saine, a le teint rose et l'haleine fraîche. C'est nettement mieux, non ?

Coralie Febvre


Emmanuelle Debelleix et Soazig Le Nevé

Fumer, c’est sexy…


Rita Hayworth, Gilda glamour auréolée de la fumée de sa cigarette faisait se pâmer les hommes.
Tabac et séduction : un ménage qui fonctionne…notamment pour les publicitaires .
Petit récapitulatif !
le tabac a toujours passionné les débats, les causes. D’engouements aux périodes d’interdits, l’image de la fumeuse, a subi un destin sulfureux. La femme est la première à jouer de cette séduction, à jouir du mystère et des codes de fumée, pour que les hommes se consument à ses lèvres. Le tabac, imbibé d’un délicieux interdit, attire les femmes audacieuses qui se découvrent un réel penchant pour sa fumée inhalée. Aurore Dupin, alias George Sand, en représente l’archétype dès le XIXème siècle.
S’en "griller une" facilite les rencontres, les premiers échanges, codifie les messages. La fumeuse connaît tous les signaux de fumée, voluptueusement ou inconsciemment. Soufflée dans la figure, la fumée signifie "J’ai envie de vous", soufflée en l’air "Faut voir, pourquoi pas ?", soufflée vers le bas, méfiez-vous, cette personne n’assume peut-être pas ses désirs.
Aujourd’hui, la cigarette redevient la Bannie. Résultat ? Les phantasmes ne connaissent plus de limites. Aux Etats-Unis où la chasse au tabac prend des proportions très étonnantes, l’on voit sous les manteaux, circuler des cassettes vidéos érotiques. Le scénario est simple : une femme séduisante, elle allume une cigarette et seule la flamme du briquet éclaire son visage en entier. Ensuite, dans le clair-obscur, elle fume, joue avec la fumée, pour s’achever en un
strip-tease incandescent...

Les non-fumeurs me tuent. Non seulement ils sont agressifs, mais en plus, toute réponse de la part d’un fumeur est automatiquement assimilée à de la mauvaise foi, quand ça n’est pas de l’irrespect. Et que je te pollue l’air, que j’outrepasse les limites de ma liberté individuelle, que je vais coûter cher à la Sécu… On se demande quel est le coût social de ces pisse-froid. A la limite, j’arrêterais presque de fumer pour pouvoir recommencer.
Heureusement la rébellion gronde, et pas forcément où on s’y attend le plus. New York est depuis près d’un an entièrement non-fumeuse, sauf un lieu de résistance : le siège des Nations Unies. Et le mouvement des fumeurs, notamment mexicains et russes (impeccable mentalité) continue de s’y faire entendre. Si les diplomates prennent position, l’apogée du non-fumisme ne fera pas long feu.
Levez-vous fumeurs, fumistes et fumeux ! Faites valoir vos droits à mourir jeune (comme Hendrix) et en mauvaise santé (comme Desproges). D’ailleurs, des droits, nous en avons et ils auraient tendance à être oubliés. Même la justice américaine le reconnaît.
Un certain Lauren A. Colby, procureur de son état, en a même fait un livre, publié en ligne et intitulé « In Defense of Smokers ». Titre on ne peut plus explicite où sont dénoncés pêle-mêle l’hystérie collective du public états-unien ou le double langage des gouvernements sur la prévention du tabagisme. Une lutte déjà ancienne rappelle Colby, en proposant des tracts anti-tabac du début du siècle.
J’en deviendrai presque anarchiste, n’était-ce mon attachement sans faille au grand capitalisme tabagique. Au pire deviendrais-je libertaire, comme Marc Grunert, du Québécois Libre, qui en appelle à la désobéissance civile face au racket fiscal des Etats et lance tel un pavé dans la mare un nouveau concept : « le facisme sanitaire ».
Des cousins québécois, justement, parlons-en. Il y a cinq ans se fondait près de Montréal un parti atypique : le BlocPot. Défenseur du chanvre et de la mariejeanne, il compte bien faire du Québec la tête de pont de la conquête mondiale du cannabis. Et s'insurge au passage contre les comportements abusifs de l'administration canadienne vis-à-vis des fumeurs, de joints ou non.
Alors, à quand le Section Française de l'Internationale des Fumeurs (et dérivés) ?

Aurélien Devernoix

LE TAABAC A PRISER : DU NEZ QUI COULE AU NEZ QU'EST COOL
Emmanuel Guillemain d'Echon

Fini l’image de grand-mère, la réputation poussiéreuse ! Le marin breton qui prise son « butun mad », son « bon tabac », c’est terminé !
Désormais priser du tabac, c’est cool !
Sur le site de McChrystals, on peut même acheter son tabac à priser en ligne, et pourquoi pas par SMS ! On y trouve même des poèmes à la gloire du tabac à priser...
Attention toutefois à ne pas s’y prendre de la mauvaise manière : priser, c’est branché, mais c’est pas pour les gauchers. « Celui qui prise sur le dos de sa main droite au lieu de sa main gauche passe pour un plouc », avertit Thomas Fritsche, le patron de Breeze, un des leaders du tabac à priser.
Une fois ces quelques précautions prises, vous pourrez vous éclater, en famille ou avec vos amis !
Et en plus, vous n’aurez plus les vilains problèmes de goudrons, et ne serez plus accusés d’empester les honnêtes gens avec votre fumée... si c’est pas beau la vie ! Sans oublier le must : vous pourrez vous mettre de la poudre plein le nez... légalement !

Trop beau pour être vrai ? Pouvoir continuer à absorber sa dose quotidienne de nicotine, tout en courant moins de risques pour sa santé et en restant dans le coup... voilà qui sent le marketing à plein nez, c’est le cas de le dire !
Avec les récentes hausses du prix des cigarettes, les industriels ont en effet senti le vent tourner et les principaux fabricants de tabac à priser ont mis le paquet sur les fumeurs.
Breeze, une entreprise suisse fondée en 1997, a fondé son succès sur l’importation du tabac McChrystal’s qu’elle distribue lors de soirées. D'autres, comme Pöschl, misent sur des arguments frappants. Les fabricants jouent en général sur une image jeune et conviviale : le tabac à priser, ça se sniffe comme la coke, mais ce n’est pas de la coke ; c’est du tabac, mais c’est moins néfaste pour la santé que les cigarettes. Moins néfaste ? Voire... Les risques de cancers sont aussi important, et la nicotine est plus concentrée dans le tabac à priser.

Bref, méfiez-vous si dans un futur proche on vient vous offrir dans une soirée avec force sourires une petite boîte en alu contenant la fameuse poudre... ou du moins, évitez qu'on ne vous la jette aux yeux !

Arrêter de fumer , le mal occidental

Alors que l'OMS annonce que d'ici 2020 les cas de cancers doubleront de 10 à 20 millions , les premiers pays qui ont immédiatement réagis sont les Etats-Unis , son cousin le Royaume-Uni , les pays scandinaves traditionnellement à l'avant-garde en matière de santé et la Suisse .
Ainsi , Genève , ville internationale et occidentale par excellence , développe un programme qui ressemble fort à celui initié à New-York il y a quelques années .
Cette obsession face au tabac , qui dépasse bien largement les objectifs sanitaires et les problèmes économiques , dépend en fait essentiellement de la victoire d'un nouvel imaginaire et donc du mode de vie qui va avec, des codes de goût et de dégoût ... d'une population élevée dans la hantise des méfaits du tabac .
Aux Etats-Unis , un reportage a été réalisé par une télévision du Massachusetts sur la mort d'une jeune femme mère de deux enfants suite à un emphysème provoqué par la fumée de cigarette . Toujours aux Etats-Unis , à New-York , il est désormais interdit de fumer dans tous les lieux publics , y compris sur scène ... ce qui prouve à quel point c'est d'abord l'image qui est visée plutôt que le confort .
Chez nous , en France , les autorités se mobilisent et le ministre de la Santé annonce un plan de lutte consistant contre le tabagisme et notamment celui des jeunes et des femmes . Les secteurs de la mode et du cinéma ont aussi été réquisitionnés dans cette stratégie qui vise avant tout , encore une fois , à faire culpabiliser les consommateurs en créant une image désastreuse du " fumeur ".
En Angleterre , le gouvernement a totalement réussi son pari ; fumer est désormais une tare sociale , réservée aux couches les plus vulgaires de la population et près des trois-quart des Anglais sont farouchement hostiles à la publicité pour le tabac . Face à cette déferlante anti-tabac , les pays du Sud prennent peu à peu conscience de tabous qui n'existaient pas encore quelques années plus tôt . Ce n'est pas dans nos journaux occidentaux qu'on pourrait voir un éditorial comme celui de ce journaliste d'Afrique du Sud qui déclare sans ambiguité sa flamme pour la cigarette ...post-coïtale !

Mathilde Damge

Fumer, ça a toujours été la grande classe.

Déjà, les Indiens d’Amérique aimaient se retrouver au coin du feu, sous la tente, et, alors qu’ils étaient pris dans de grandes discussions ou négociations, ils ne rechignaient pas à faire tourner un peu d’herbe.
Nous, quand on a commencé, on n’était pas sous la tente, mais dans la cour du lycée. Malgré tout, l’enjeu de socialisation était là. Il s’agissait pour les midinettes de pouvoir approcher les garçons d’un peu plus près. Façon aussi de faire comprendre qu’on était grandes et émancipées. Eux, ils ont continué à nous regarder de haut. Nous, on a continué à fumer. Grandes et émancipées.
Plus tard, on a découvert le narguilé. Le bruit des bulles d’air, il n’y a pas mieux pour se faire remarquer au milieu d’une salle enfumée. Pendant ce temps, les garçons continuaient d’imiter les indiens. Ils n’étaient pas sous la tente, mais ça tournait toujours. Les plus privilégiés se mettaient au cigare. Encore plus classe, le cigare. Ca fait un peu chef d’entreprise, un peu star de cinéma.
Alors cet été, on a eu un sérieux problème. Côté pile du paquet, « Fumer tue». Côté face, « Fumer nuit aux spermatozoïodes et réduit la fertilité », quand on a de la chance. Tout de suite, ça fait nettement moins chic. Alors, très vite, il a fallu trouver la solution de secours. Comme un miracle venu du buraliste d’en bas, on a finalement trouvé : les caches-paquets. Pas toujours aussi classieux qu’on aurait voulu, mais en revanche bien utile pour encore se faire remarquer, le paquet négligement posé sur la table du café.
Aujourd'hui, on tente douloureusement d'arrêter de fumer. Mais quand même, il y a des jours où on aurait bien voulu être Lauren Bacall, tendant le visage vers Humphrey Bogart...

Marie de Cazanove

Camille CROSNIER

Cigare, vous avez dit cigare?

Certains le considèrent comme un objet phallique . D'autres, indispensable en gastronomie. Autant dire que le cigare - car c'est bien de lui qu'on parle - est dans toutes les bouches (sans mauvais jeu de mot)...
Plutôt étonnant pour un produit qui est avant tout dangereux pour les poumons et la santé. Et oui, quoiqu'on en pense, le cigare contient plus d'éléments toxiques que sa petite soeur (la cigarette, pour ceux qui douteraient) et en fumer, même si "on n'avale pas", n'est pas moins grave ou risqué.
Moins connu, le cigare est tout de même en train de percer. Les jeunes s'y mettent eux aussi. De là à se demander s'il est en passe de détroner la clope, il n'y a qu'un pas, que certains n'ont pas hésité à franchir: qu'on se le dise, le cigare est à la mode.
Dans tous les cas, c'est un objet qui a rapporté le jackpot à Hamlet. Le fabricant anglais (anciennement prince danois, parait-il) en a fait une série de publicités cultes (exemples de pubs videos , audios et affiches). Du coup, les ventes ont décollé. Sympa pour Hamlet. D'ailleurs, c'est pas lui qui a dit qu'un cigare, c'est le bonheur?

Alwa Deluze - Groupe B
La clope, c'est plus classe
Indispensable pour se forger une image, le tabac était au départ plutôt sacré. Genre produit de luxe. Picasso s'en est même inspiré pour sa toile Verre et paquet de tabac . On admire désormais cette belle peinture au Musée Picasso à Paris. Mais que les parents ne s'inquiètent pas, aucun risque pour les enfants. Picasso a eu l'élégance d'être cubiste. Résultat : pour dénicher le paquet de tabac dans cette avalanche de formes et de couleurs... il faut s'accrocher.
Aujourd'hui : FUMER TUE. Et on n'a pas intérêt à l'oublier. La cigarette libère la femme, et parfois même les animaux... cette époque-là est bien révolue. La clope n'est plus le seul moyen d'être dans la vibe. Rien qu'en regardant la tête de Gainsbourg, on comprend mieux.
Mais ce n'est pas une raison pour se taper ces remarques pas très agréables sur nos paquets. Heureusement, certains arrivent à rire de la démagogie ambiante.
Certes, fumer c'est mauvais. Mais parfois, les campagnes anti-tabac y vont un peu fort. Dernier exemple en date : les acteurs ne peuvent plus fumer sur scène, à New-York... lorsque la salle est non fumeur.
Du coup, la mode adopte l'anti tabac. Les meufs, la marque de lingerie Triumph a pensé à vous!

FUMER C'EST PLUS AUSSI FUNKY!


L'image glamour vehiculée par la cigrette pendant les années cinquantes a bien changé.
Blondes pulpeuses à l'image de Maryline Monro dans le cinéma hollywoodien, brunes ou rousses, tênebreuse des dessins annimés de Tex avery, elles fument toutes.
Monter ces jolies femmes, c'est aussi dire que la cigarette rend sexy et désirable.
Les femmes qui fument comme les hommes c'est aussi celle qui se libert.
les publicitaires se servent de la cigarette comme symbole de l'emancipation.
Pour les hommes, c'est une question de virilité, le beau cow boy, sortit tout droit d'un roman de cooper, ou d'un bon western,
Qu'ils soient "bons", "brutes" ou" truyants" ils ont tous un cheval, un revolver, et une clope.
Les publicitaires ont été bien plus loins, Le père Noël en personne offre des cigarette, des camels, car tous le monde les préfère!( ).
difficile d'admettre aujourd'hui de telles campagnes. Surtout en France e 1991 la loi Evin interdit toutes campagnes publicitaires sur le tabac. Depuis il est également interdit de fumer dans les lieux public.( )
Aux Etats Unis agissent également, le lobby du tabac n'empêche pas des meusures draconniennes, les fumeurs se disent victimes de l'integrisme des non fumeurs.( )
Difficile à croire que dans ce pays fumer c'est devenus ringard.( )
Aujourd'hui il ne s'agit plus simplement de dire que fumer nuit à la santé, il s'agit de faire culpabiliser, de faire peur avec des images choques.()
Il y a quelques années fumer c'était cool, aujourd'hui c'est un crime, contre soit même et surtout contre les autres.

CAO THI


La clope : Stop-non stop !


Arrêter de fumer est un réel challenge, mais ça vaut le coup. Mate le parcours type du futur ex-fumeur !


Pourquoi m’arrêter de fumer, est-ce que ça vaut le coup !
T’as peur de prendre des kilos, de ne pas avoir assez de volonté ou tout simplement ça fait tellement de temps que tu fumes tu te dis que ça ne changerait rien, tes poumons sont morts !
Il vaut pas mieux avoir du poids en trop et retrouver la pêche, surtout que ces kilos en plus sont ceux que tu aurais dû avoir si tu ne fumais pas… entre 2,8kg chez les mecs et 3,8kg chez les nanas. Maintenant tu sais que ce n’est pas énorme alors tu peux faire une tentative pour voir !

Tu veux essayer d’arrêter.
Les poumons pleins de goudrons, le cerveau gorgé de nicotine, mauvaise haleine en permanence, mauvaise condition physique, tout ça t’a décidé à dire basta ! Mais tu as peur de tous les effets secondaires qui peuvent débouler : la déprime, la prise de poids ou la perte de ta joie de vivre. Dis-toi un bon truc du genre : y'a que ce qu’on essaye pas qui est impossible. Vas-y essaye ! Si ta tentative te paraît concluante, tu es sûr(e) de vouloir arrêter de fumer !
C’est décidé, tu veux arrêter de fumer, tu fais tout pour et tu te prépares !
Est-ce que tu fumes tout le temps, où, combien de fois par jour ? Bref , un tas de questions auxquelles tu dois répondre, c’est tout un travail à faire sur toi !
Comme tu ne peux pas t’arrêter du jour au lendemain, il faut te préparer psychologiquement, que tu saches d’où vient cette dépendance, pourquoi elle persiste et comment t’en débarrasser ! A force de volonté tu y arrives, tu ne fumes plus ou presque !

Ca y est tu y es arrivé, tu ne fumes plus !
Tu vas donc sans doute prendre du poids, mais la question cruciale que tu te poses est : « Vas-tu tenir le coup assez longtemps ? », mais rien ne pourra y répondre à part le fait que tu essayes tous les jours de résister, partout où tu es, tu es soumis à la tentation. Le temps est ton meilleur allié ! Soit tu réussis, soit tu retombes, ce qui peut arriver…

Tu n’as pas pu résister et tu t’es remis(e) à fumer !
Tu n’as pas pu résister à le tentation, tu as recommencé à fumer, tu te demandes si tu pourras ou non t’en sortir ? Ce n’est pas la fin du monde tu n’es pas la seule personne à échouer à la première tentative ! La patience paie, il faut retenter l’expérience qui te paraîtra sans doute plus facile à réaliser car le plus gros du travail est fait et tu sais ce qui t’attend…

Maintenant teste ta dépendance à la nicotine, pour voir ce qui t'attend !



tasanté.com

La clope : Stop-non stop !


Arrêter de fumer est un réel challenge, mais ça vaut le coup. Mate le parcours type du futur ex-fumeur !


Pourquoi m’arrêter de fumer, est-ce que ça vaut le coup !
T’as peur de prendre des kilos, de ne pas avoir assez de volonté ou tout simplement ça fait tellement de temps que tu fumes tu te dis que ça ne changerait rien, tes poumons sont morts !
Il vaut pas mieux avoir du poids en trop et retrouver la pêche, surtout que ces kilos en plus sont ceux que tu aurais dû avoir si tu ne fumais pas… entre 2,8kg chez les mecs et 3,8kg chez les nanas. Maintenant tu sais que ce n’est pas énorme alors tu peux faire une tentative pour voir !

Tu veux essayer d’arrêter.
Les poumons pleins de goudrons, le cerveau gorgé de nicotine, mauvaise haleine en permanence, mauvaise condition physique, tout ça t’a décidé à dire basta ! Mais tu as peur de tous les effets secondaires qui peuvent débouler : la déprime, la prise de poids ou la perte de ta joie de vivre. Dis-toi un bon truc du genre : y'a que ce qu’on essaye pas qui est impossible. Vas-y essaye ! Si ta tentative te paraît concluante, tu es sûr(e) de vouloir arrêter de fumer !
C’est décidé, tu veux arrêter de fumer, tu fais tout pour et tu te prépares !
Est-ce que tu fumes tout le temps, où, combien de fois par jour ? Bref , un tas de questions auxquelles tu dois répondre, c’est tout un travail à faire sur toi !
Comme tu ne peux pas t’arrêter du jour au lendemain, il faut te préparer psychologiquement, que tu saches d’où vient cette dépendance, pourquoi elle persiste et comment t’en débarrasser ! A force de volonté tu y arrives, tu ne fumes plus ou presque !

Ca y est tu y es arrivé, tu ne fumes plus !
Tu vas donc sans doute prendre du poids, mais la question cruciale que tu te poses est : « Vas-tu tenir le coup assez longtemps ? », mais rien ne pourra y répondre à part le fait que tu essayes tous les jours de résister, partout où tu es, tu es soumis à la tentation. Le temps est ton meilleur allié ! Soit tu réussis, soit tu retombes, ce qui peut arriver…

Tu n’as pas pu résister et tu t’es remis(e) à fumer !
Tu n’as pas pu résister à le tentation, tu as recommencé à fumer, tu te demandes si tu pourras ou non t’en sortir ? Ce n’est pas la fin du monde tu n’es pas la seule personne à échouer à la première tentative ! La patience paie, il faut retenter l’expérience qui te paraîtra sans doute plus facile à réaliser car le plus gros du travail est fait et tu sais ce qui t’attend…

Maintenant teste ta dépendance à la nicotine, pour voir ce qui t'attend !




tasanté.com

Anne Barrier et Julie Connan

Publicité et tabac: à la vie, à la mort
Elle est loin l’image du paysan sud-américain clope au bec, cultivant son champ de tabac. Seul moyen pour lui de faire vivre sa famille. Et pourtant, c’est encore cette image qu’utilisent les bénéficiaires de cette plante sacrée.
Le lobby du tabac constitue en réalité un groupe d'influence très puissant. Il représente une importante chaîne de travailleurs depuis les agriculteurs qui assurent la culture de la plante, les différents ouvriers des industries (fabrication des cigarettes, des cigarillos, du tabac à pipe, etc..) jusqu'aux distributeurs qui vivent du tabac.
Il est clair qu'un tel lobby résiste à toute campagne anti-tabac. Pourtant les autorités législatives ne cessent de mettre tout en œuvre pour contrer leur lobbying publicitaire. De la jurisprudence française créant un délit de publicité indirecte en faveur du tabac, à la mesure prise par l'OMS, visant à éliminer ce genre de publicité, le législateur tente de renforcer les campagnes de désincitation déjà existantes.
Si en France, les fumeurs tournent à la dérision les "Fumer tue" de leurs paquets de cigarettes, les jeunes américains ne prêtent même plus attention à la publicité omniprésente. En revanche au Canada, les publicitaires anti-tabac ''mettent le paquet'' pour dégoûter les accros à la nicotine. De la pub comique contre Camel à l'image de dents pourries figurant sur les paquets, tout est tenté.

Fumer nuit grave à ta beauté
--------------------------------------------------------------------------------

Clair que la clope fane les petites fleurs dans ton genre, aussi lâchement qu’une bombe à retardement : nicotine ne rime pas avec bonne mine. Franchement, avec la clope, il n’y a pas que tes poumons qui en prennent un coup : fumeuses, il va falloir souffrir pour être belle !

On peut trouver l'article ici : psycho-ado.com


* une peau dégueulasse : L’effet du tabac sur ta peau est catastrophique. Tout d’abord, le tabac a un effet « vasoconstricteur » sur tes vaisseaux sanguins, c’est à dire plus concrètement que tes vaisseaux se contractent apportant moins de sang donc oxygénant moins tes cellules qui vont mourir ainsi plus rapidement. Ta peau étant moins nourrie, elle va être plus fragile( incapable de se défendre contre les agressions), former des rides plus facilement ( genre pattes d’oie bien marquées au niveau des yeux à 30 ans : le bonheur !). De plus, la clope casse les fibres élastiques qui soutiennent ta peau : tu te retrouves avec la peau flasque. Enfin pour couronner le tout, la clope freine les effets réparateurs de tes crèmes de soin ! * un visage de momie à l’haleine de phoque : Tu passes ton temps à mettre ton petit minois en valeur et le protéger du dessèchement, de l’acné… mais connais-tu le visage à terme de la fumeuse ? de teint gris-pâle, ton visage comme ta peau est privé de vitamine C,des rides peuvent apparaître notamment autour de ta bouche. Sache qu’une fumeuse ne rougit plus à terme, difficile pour un plan drague ! De plus, le maquillage sur un visage de fumeuse est bien moins efficace alors qu’elle en a priori plus besoin : rouge à lèvre qui ne tient pas tout comme les parfums qui pourtant pourrait aider à masquer la désagréable odeur de tabac froid, fond de teint quasi inefficace... Surtout, la clope te donnera une haleine fétide (digestion plus difficile) et de cendriers froids, même odeur sur tes vêtements et tes cheveux : sache que l’odeur de cigarette c’est coriace ! Enfin, les ongles sont naturellement colorés au jaune-brunâtre virant au gris ce qui est dû aux imprégnations locale dues aux goudrons et à la nicotine. La clope donne aussi un sourire « coucher de soleil »( dents jaunes) qui peut virer au vert vaseux, tout ceci ajouté à une langue noirâtre, autres joies de ce petit loisir. Alors franchement, tu crois que fumer te rend plus belle ? A toi de juger : si tu arrêtes de fumer, tes affaires ne sentiront plus le tabac froid, tu auras meilleure mine et tu feras même des économies qui te permettront de t’acheter plus de fringues ! Bonne résolution pour la rentrée, non ?


Etre fumeur ou non fumeur, une histoire de mode ? Force est de constater que, depuis les années 50, l’image de la cigarette a beaucoup changé, mais reste un référent identitaire. D’une part, l’entrée dans le 21ème siècle a vu se développer tout une série d’accessoires anti-tabac, comme ce gorge commercialisé par Triumph International. Le prototype de cet objet de charme est équpé de capsules diffusant unee odeur de lavande ou un parfum de jasmin censés aider les femmes à arrêter de fumer.
D'autre part, de nouveaux moyens d'affirmer une identité de fumeur sont arrivés sur le marché. Les cache paquets, par exemple, permettent auxfumeurs de ne pas céder à la pression du gouvernement. Une manière pour certains de nier le message sanitaire incrit sur les paquets de cigarettes en faisant preuve d'inventivité. On est donc bien loin des images véhiculées par les traditionnelles publicités pour les cigarettes des grandes firmes américaines Cigarette fumée par Travolta, James Dean ou encore Brad Pitt. Cigarette aux mains d'une charmante créature. Le cowboy Marlboro devient une figure mythique de la culture américaine. Jusqu'au jour où la législation change.
L'image de la cigarette doit désormais susciter dégoûté, ou culpabilisé

Mathilde Gardin

Tabac et virilité ne font plus bon ménage

Hier, les femmes salivaient devant Humphrey Bogart fumant sa cigarette avec classe Immanquablement Lauren Bacall succombait à ses charmes, envoutée par les volutes de fumée. Les hommes, eux, le jalousaient et croyaient tenir là le secret d’une virilité à toute épreuve.
Aujourd’hui, il passe chez son buraliste. Horreur. Sur son paquet la mention « Fumer nuit aux spermatozoides et réduit la fertilité ». La cigarette serait-elle devenue un tue l’amour comme le clame le gouvernement ? En plein dans le mille avec ce slogan choc car l’homme ne peut rester insensible à cette remise en cause publique de ses capacités sexuelles. Pire, encore, la cigarette ferait fuir les femmes. Outre les campagnes anti-tabac lancées en grande pompe par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, de plus en plus d’articles et d’études paraissent pour prévenir des méfaits du tabac sur la santé masculine. Risques de cancer, mortalité élevée… la liste est longue. Le gouvernement envisage désormais de lutter contre les « origines du mal » et va mener campagne contre les images véhiculées par le cinéma, la mode et la publicité.
Le cinéma transmet parfois des messages qui idéalisent l'usage du tabac. Bientôt aucun acteur n’allumera plus de cigarettes dans un film. Quetsion d’image et de message. Mais où sont les hommes ?

IRENE & LENAIG

One of a kind. Il n'y en a qu'un comme lui, le quadragénaire moustachu des publicités pour les cigarettes Camel des années 70. Torse nu, entouré de jeunes barbies, le fumeur est viril. Il est sportif, décontracté, souriant. Bref, le mec cool. A
l'époque, la publicité pour le tabac jouit d'une impunité totale. "Liberté
toujours", clame déjà la marque française Gauloises. Le marketing des
cigarettiers change avec les évolutions de la société. Les femmes prennent goût à la clope. C'est l'image de la business woman, pressée, toujours sexy : fumer devient chic. Dans les années 90, on entre dans le quotidien des fumeurs. Le paquet de cigarettes traîne dans la poche du jeans, près du journal et du walkman, le tout dans un décor design : fumer, c'est bobo.

La publicité influe sur les ventes de tabac. C'est un fait avéré. Dans de nombreux pays, les pouvoirs publics l'ont interdite. La lutte contre le tabagisme est devenue un enjeu de société. Fumer, c'est mal. Le non-fumeur est le nouveau héros.
C'est lui qui est bien dans sa peau, courageux, capable de dire non. Les ventes de tabac ont chuté dans les pays de prohibition. A tel point que la Commission européenne propose l'interdiction totale de la publicité pour les cigarettes.
Moralité, la pipe c'est mieux

« Prenez une Lucky plutôt qu’une friandise »

C’était le slogan qui avait été lancé en 1925 pour pousser les femmes à la fumette aux Etats-Unis. Associée à un symbole de liberté, la cigarette s'est répandue chez les femmes françaises au lendemain de la seconde guerre mondiale et va toucher toutes les couches de la société au fur et à mesure qu’elles vont conquérir leur indépendance (droit de vote, accès au travail). Dans les années 1960-1970, l'industrie du tabac profite de l'affirmation de la liberté féminine dans le domaine de la vie amoureuse et sexuelle pour faire de la cigarette un accessoire actif de la séduction.
En 1968, Philip Morris lance une cigarette pour les femmes, Virginia Slim (slim signifiant mince en anglais). A la fin des années 1970, pour déculpabiliser les fumeuses, les cigarettiers développent les appellations "légères" et "super légères", qui donnent l'impression de produits moins dangereux. . De plus, la venue d'une variété de plus en plus grande de cigarettes (faible teneur en goudron, à bout filtre...) a amené de plus en plus de jeunes filles à fumer. Les liens entre la cigarette et la bonne forme physique, une taille fine et la séduction ont donc contribué à la vente de cigarettes aux femmes dans les années 1970, au moment où le marché des cigarettes destinées aux hommes a commencé à fléchir. "Les femmes n'ont pas su décrypter ce que l'industrie du tabac leur a proposé. Le message du danger est encore difficile à faire passer car, depuis des dizaines d'années, la cigarette est associée à de belles images féminines", constate Sylviane Ratte, chargée de mission pour la prévention à la Ligue nationale contre le cancer.
C’est le Canada qui fait figure de pays pionnier en matière de lutte contre le tabagisme avec la mise en place d’une législation stricte dès 1989 et surtout pas l’affichage de slogans et d’images chocs sur les paquets de cigarettes . La France, de son côté a réagi avec la promulagation en 1991 de la loi Evin dont le bilan actuel est encore très mitigé.
Signe des temps, les principaux titres de la presse féminine ont participé, en 2002, à une campagne du ministère de la santé, de l'assurance-maladie et de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) en signant une charte "pages sans fumée". "En analysant la presse féminine en 1999 et 2000, il est apparu que la cigarette continuait à être associée à des images féminines positives. Parce que les représentations sociales influencent les comportements, cette charte doit permettre de limiter la valorisation du tabac", dit l'Inpes. Ces magazines s'engagent à "éviter de montrer des personnes en train de fumer, ne pas faire référence aux plaisirs de la cigarette, favoriser l'information des lectrices sur les risques, et refuser toute association directe ou indirecte avec l'industrie du tabac".
Aujourd’hui, à l’heure européenne, on cherche à mettre en place une législation harmonisée au sujet de la lutte anti-tabac.
Alors que la France mise sur l’augmentation du prix des cigarettes et a obligé, il y a quelques mois, les cigarettiers à inclure des messages d’avertissements sanitaires sur les paquets, les publicitaires prennent le contrepied en lançant de fameux cache-paquets qui connaissent un grand succès.

Axel Cariou

Désolé pour cette ""daube"", je vais essayer de faire mieux la prochaine fois. Je dois dire que le double plantage du PC m'a un peu énervé.....

Lucas ARMATI


Mais que font les stoppub?
Trop de pub tue la pub. A force de bombarber les fumeurs de messages publicitaires contre le tabac, la vapeur serait en train de se renverser. Paraît que les consommateurs adoptent une attitude de rejet face à cette nouvelle forme de harcèlement. Normal, quand on voit jusqu'où les publicitaires de mauvais gout ont osé aller. Parait aussi que la gronde monte. Que les buralistes râlent contre les hausses prévues sur le prix du tabac. Que l’opinion suit. Que, finalement, les messages perdent de leur force. C’est ce qu’on nous dit.
Tout aurait commencé, en 1991, avec la fameuse loi Evin. Les publicités pour le tabac interdites dans la presse, sur les panneaux d’affichage, à la radio, à la télé, sur les manifestations sportives, nous privaient alors de hauts lieux de création artistique, de divertissement anodin, de couleur et de vie. Pour preuve, ces affichettes et publicités américaines des années 50, vantant, avec de jolies filles et de beaux cowboys, les bienfaits du tabac. Des sommets d'originalité.
Mais depuis les années 90, plus rien. On protège les jeunes, qu’on nous dit. Même MTV s’y met, alors que la plupart des clips R'N'B que la chaine musicale diffuse montrent des chanteurs bouteilles de whisky à la main. Question de priorité. Dommage, moi j’aimais bien les publicités cachées dans les dessins animés. Comme les Pierrafeu (The Flinstones) qui fumaient des clopes à la sortie de leur grotte. On va même bientot nous imposer, sur TF1, une Ophélie Winter, en quotidienne, qui tentera d'arrêter de fumer. Passionant.
Et ca va pas s’arranger. L’Union Européenne est en train d’harmoniser sa législation restrictive. En France, le gouvernement Raffarin ne veut rien lâcher. De nouvelles pub vont être lancées. Qu'est-ce qu'on attend pour se mettre en grève de pub? Après tout, nous, les Français, ne sommes qu'un tiers à fumer...